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2024

Mai au Vietnam

Tháng Năm ở Việt Nam

Hà Nội

Hanoï, capitale du Viêt Nam, est une ville dense et vibrante, à la fois centre politique, culturel et éducatif du pays. Située sur la rive ouest du fleuve Rouge, elle compte plus de 8,5 millions d’habitants et conjugue traditions anciennes et modernité galopante. Son vieux quartier, aux ruelles étroites organisées par corporations de métiers, garde la trace de l’architecture coloniale française, tandis que ses lacs pittoresques, comme le lac Hoàn Kiếm au cœur de la ville, offrent des respirations au milieu du vacarme des scooters et des marchés.

Dès les premières heures, la ville impose son tempo : files de scooters qui s’écoulent sans interruption, échoppes de phở qui ouvrent à l’aube, vendeurs ambulants coiffés du chapeau conique. On y marche beaucoup, on s’arrête souvent, on y accepte de se perdre. Le jardin floral Hàng Đậu, petit enclos au nord du vieux quartier, offre quelques minutes de calme à l’écart du flot et laisse entendre les cloches et les klaxons filtrés par les arbres (voir l’extrait sonore ci-dessous).

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Ambiance du jardin floral Hàng Đậu (Vườn Hoa Hàng Đậu), Hanoï.
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La moto est le principal moyen de locomotion au Viêt Nam.
Échoppe de cuisine de rue et de bière à Hanoï.

La Train Street, cette ruelle ferroviaire du vieux quartier où deux voies de chemin de fer filent à quelques dizaines de centimètres des façades, est devenue l’un des décors les plus photographiés de Hanoï. Construite par les Français en 1902 sur la ligne Hanoï–Lào Cai, elle accueille encore aujourd’hui le passage de quelques trains par jour, le plus souvent en début et en fin de journée. Entre deux convois, les riverains ont transformé les abords en cafés étroits où l’on sirote une bière ou un cà phê sữa đá assis à quelques centimètres des rails. L’accès a été réglementé à plusieurs reprises pour des raisons de sécurité, et l’on entre désormais par quelques points filtrés, après consommation dans l’un des établissements.

Bâtiment de l’Assemblée nationale, Hanoï.
Mausolée du président Hồ Chí Minh.

Hà Giang

La province de Hà Giang, à l’extrême nord du Viêt Nam, partage 275 km de frontière avec la Chine. Elle se caractérise par une topographie spectaculaire : hautes montagnes calcaires, vallées profondes et plateaux karstiques classés géoparc mondial UNESCO. C’est une région peu peuplée, habitée par plusieurs minorités ethniques, notamment les H’mong, les Dao et les Tày, chacune conservant ses villages, ses costumes et ses marchés hebdomadaires.

On rejoint Hà Giang depuis Hanoï après une longue nuit en bus, puis l’on bascule dans un tout autre Viêt Nam. La boucle de Hà Giang, longue de près de 350 kilomètres, se parcourt le plus souvent en moto sur plusieurs jours, entre cols vertigineux et villages accrochés aux pentes. Le col de Mã Pì Lèng, culminant à près de 1 500 mètres au-dessus de la vallée de la Nho Quế, est l’un des moments forts du trajet : un panorama que l’on redécouvre à chaque virage, rarement le même selon la lumière et les nappes de brume.

Frontière chinoise à l’extrême nord de la province de Hà Giang.

Rivière Nho Quế

La rivière Nho Quế est l’un des joyaux naturels du nord-est vietnamien. Née dans la province chinoise du Yunnan, elle parcourt 192 kilomètres, dont 46 en territoire vietnamien, traversant les provinces de Hà Giang et de Cao Bằng. Ses eaux d’un vert minéral serpentent entre de hautes falaises calcaires, notamment dans la gorge de Tu Sản, la plus profonde d’Asie du Sud-Est avec près de 700 mètres de paroi verticale.

On y accède par une route en lacets depuis le col de Mã Pì Lèng, puis par un chemin escarpé qui descend jusqu’à l’embarcadère. Les bateaux à moteur, partagés avec habitants et voyageurs, remontent le cours d’eau sur une heure environ. Entre deux parois, la lumière se fait rare et le son se met à porter loin : c’est ce que l’on entend dans l’enregistrement ci-dessous, pris depuis la rive au crépuscule. En amont, un barrage hydroélectrique construit dans les années 2010 modifie le débit mais n’entame pas la sauvagerie du paysage.

La rivière Nho Quế. Un service de navettes fluviales transporte touristes et habitants le long du cours d’eau.
Barrage hydroélectrique sur la rivière Nho Quế.
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Ambiance typique de la province de Hà Giang et de la rivière Nho Quế.
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Hải Phòng et l’île de Cát Bà

Hải Phòng, troisième ville du pays avec plus de 2 millions d’habitants, est le grand port du nord du Viêt Nam. À une centaine de kilomètres de Hanoï, elle concentre l’activité maritime et industrielle de la région et sert de porte d’entrée vers la baie d’Hạ Long et l’archipel de Cát Bà. Moins touristique que sa voisine sud, elle conserve un caractère franc de ville portuaire, avec ses docks, ses marchés de poisson et quelques belles façades coloniales préservées.

Depuis Hải Phòng, une route et plusieurs ferries mènent à l’archipel de Cát Bà, qui compte 367 îles calcaires émergeant d’une mer vert-turquoise. La plus grande, Cát Bà, abrite le parc national éponyme, réserve de biosphère UNESCO où subsistent encore quelques langurs à tête dorée, parmi les primates les plus menacés de la planète. L’intérieur de l’île, peu accessible, alterne forêts denses, grottes karstiques et rizières en fond de vallée.

À l’arrivée, l’île offre des paysages particulièrement variés : montagnes calcaires abruptes, forêts denses, baies fermées et plages préservées. Les sentiers de randonnée et les sorties en kayak permettent d’approcher ces reliefs au plus près, tandis que les anses moins fréquentées côté est gardent un vrai caractère sauvage.

La principale ville de l’île, la ville de Cát Bà, sert de point central pour les visiteurs et propose divers hébergements, restaurants et services. Grâce à sa riche biodiversité et à ses paysages pittoresques, l’île de Cát Bà attire des touristes vietnamiens et étrangers en quête d’aventure et de tranquillité dans un cadre naturel. Par ailleurs, l’île joue un rôle important dans la pêche et l’agriculture locales, contribuant à l’économie de la région.

Vue de Cát Bà depuis notre auberge.

Hồ Chí Minh

Hồ Chí Minh-Ville, plus grande agglomération du pays avec plus de 9 millions d’habitants, est le moteur économique du Viêt Nam. Longtemps appelée Saïgon, la ville a conservé son nom historique dans l’usage courant, tandis que son nom officiel rend hommage au dirigeant révolutionnaire. Elle concentre gratte-ciel contemporains et héritage colonial français, avec des monuments emblématiques comme la cathédrale Notre-Dame, la Poste centrale, l’Opéra et le palais de la Réunification, où s’est jouée la fin de la guerre du Viêt Nam en avril 1975.

Au sol, la ville se vit surtout à scooter : près de huit millions de deux-roues sillonnent ses artères, et traverser une avenue aux heures de pointe demande un léger acte de foi. Le quartier du District 1, autour de la rue Đồng Khởi et du marché Bến Thành, concentre les adresses historiques, mais ce sont les ruelles perpendiculaires, les cafés suspendus au-dessus du trafic et les étals de nuit qui laissent le souvenir le plus vif. Par rapport à Hanoï, plus feutrée et administrative, Saïgon paraît plus rapide, plus verticale, tournée vers le commerce et l’avenir.

Du nord brumeux et montagneux aux chaleurs moites du delta du Mékong, ce voyage aura couvert l’une des géographies les plus contrastées de l’Asie du Sud-Est. Quelques jours seulement, et pourtant l’impression d’avoir traversé plusieurs pays, plusieurs climats, plusieurs rythmes. Ce carnet ne prétend pas en épuiser les sujets : il en garde quelques fragments, comme autant d’appels à y revenir.